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    EAU    
  

L’eau est la part la plus essentielle de l'équipe­ment d’un aquariophile, mais cela n’est que trop souvent considéré comme allant de soi. En fait, la nature de l’eau varie considérablement. A certains endroits elle est «dure», ailleurs elle est «douce». L’eau pure est simplement un corps chimique, connu des hommes de science sous le symbole H2O. Mais, bien que le H2O soit une substance invariable, elle dissout des gaz, des sels, de la matière organique, et tous ces corps dissous en modifient la nature. La meilleure preuve de la robustesse de nombreux poissons, c’est qu’ils peuvent subsister dans des eaux contenant des substances très diffé­rentes de celles de leur milieu d’origine.

L’eau provient de beaucoup de sources, mais à l’origine elle vient toujours de la mer, par voie d’évaporation et de pluie. La pluie peut couler à la surface du sol où elle tombe et former des lacs, des fleuves, des rivières, des étangs, etc., ou bien elle peut s’infiltrer en terre et donner naissance aux nombreuses nappes souterraines. Au cours de son voyage, l’eau de pluie est polluée par des gaz et d’autres impuretés, particulièrement dans les zones industrielles. C’est pourquoi, si l’eau de pluie convient en principe à l’aquarium, il faut toutefois s’assurer qu’elle n’a pas été contaminée, ni recueillie à la sortie d’une gouttière en zinc. Il est en outre conseillé de la laisser reposer quelques jours avant de l’introduire dans un aquarium.

Dans les lacs et les rivières, l’eau variera selon la nature des formations rocheuses. Le calcaire ren­dra l’eau dure et alcaline, mais là où les roches sont insensibles à l’action del’eau, celle-ci restera douce. S’il y a de la tourbe, l’eau sera douce et acide, éventuellement ambrée.

Dans les régions équatoriales où l’on trouve les poissons tropicaux, les fleuves et les marigots sont souvent ombragés par une végétation dense. Il en tombe des débris qui se décomposent et provoquent une acidité comparable à celle que cause la tourbe.

Toutes les eaux destinées aux usages domestiques doivent être pures et salubres. Cela signifie qu’elles ne doivent rien contenir de nocif, qu’elles doivent être exemptes d’organismes morbides et de sub­stances toxiques, ainsi que d’une trop grande quantité de corps dissous. En d’autres termes, elles doivent être potables. Toutefois, dans ces limites, elles varieront suivant la source à laquelle on s’approvisionne.

Le débutant ne doit pas trop s’inquiéter à ce propos, car la plupart des poissons tropicaux s’adaptent rapidement à l’eau où on les garde. Mais des problèmes se posent souvent quand on essaie d’élever certains poissons dans une eau trop minéralisée. C’est pourquoi un certain D.H. et un certain pH sont souvent recommandés. Il est bon de comprendre exactement ce que cela signifie.

D.H. ou Dureté. La plupart des eaux naturelles contiennent des sels dissous qu’on retrouve, par conséquent, dans l’eau du robinet. Il s’agit surtout de chlorures, de sulfates et de bicarbonates. Les sels de calcium et de magnésium sont responsables de la «dureté», tandis qu’un excès de chlorures donne à l’eau un goût saumâtre. Les carbonates ne sont présents qu’en petites quantités, car le carbonate de calcium (chaux) est pratiquement insoluble. Il se dissout toutefois dans de l’eau contenant de l’acide carbonique, pour former du bicarbonate. Le carbo­nate de magnésium, plus soluble que le carbonate de calcium, forme aussi un bicarbonate plus soluble. Si l’on fait bouillir l’eau, on décompose les bicarbonates et on fait précipiter les carbonates les moins solubles. Ce phénomène est la cause des dépôts et du tartre qui tapissent les chaudières et les bouilloires.

Une dureté qui disparaît à ébullition est parfois qualifiée de dureté «temporaire». La dureté «per­manente» n’est pas due aux carbonates, mais aux chlorures et aux sulfates de calcium et de magné­sium; on ne peut l’éliminer par ébullition.

On mesure la dureté de l’eau comme si elle était entièrement due au carbonate de calcium, et on l’exprime différemment dans les différentes parties du monde. En France, un degré de dureté égale une part de carbonate de calcium dissous dans 100000 parts d'eau; tandis qu'en Allemagne, le de­gré de dureté signifie une part d'oxyde de calcium dans 100000 parts d'eau. En Angleterre, le «degré de Clark» correspond à un nombre de grains de carbonate de calcium par gallon d'eau. Les Etats-Unis ont adopté un système similaire, sauf que leur gallon (231 pouces cubiques) est plus petit que le gallon impérial (277 Va pouces cubiques) et que leur degré de dureté est donc moindre d'autant. Une formule satisfaisante est : 1 degré français = 0,56 degré allemand = 0,70 degré de Clark = 0,585 degré U.S.

Une eau dont la dureté est inférieure à 5 degrés hydrotimétriques français est considérée comme très douce; elle est considérée comme douce entre 6 et 10 D.H., comme moyenne de 11 à 15 D.H., comme dure de 16 à 25 H.D. et très dure jusqu'à 30 D.H. Au-dessus de ce seuil, elle est impropre à l'aquariophilie.

Une eau trop dure peut être amendée par l'adjonc­tion, en juste proportion, d'une eau très douce : eau distillée, eau de pluie eau bipermutée, enfin les plus douces des eaux minérales commercialisées.

Métaux. Certains métaux se dissolvent lentement dans l'eau, surtout dans l'eau douce; il faut prendre des précautions si on en introduit dans l'aquarium. Le cuivre, le zinc et le plomb sont toxiques. Le plomb ne se dissout que dans l'eau douce, un dépôt protecteur se formant sur ce métal dans l'eau dure.

pH. Le pH est une mesure de l'acidité ou de l'alcali­nité d'un liquide. Il ne doit pas retenir exagérément l'attention de l'amateur moyen, qui désire seule­ment entretenir un aquarium de décoration, mais comme il a une influence considérable sur la repro­duction et sur l'élevage des alevins, son impor­tance doit être gardée présente à l'esprit. On considère que l'eau neutre a un pH égal à 7, tandis que l'eau dont le pH est inférieur à 7 est acide, et celle dont le pH est supérieur à 7 est alcaline. Dans la nature, l'acidité de l'eau est généralement due à la présence de tourbe ou de végétation pourrissan­te. L'acide carbonique (CO2) joue un rôle dans le même sens et le pH variera donc suivant le taux de C02. L'alcalinité est fréquemment due au bicarbo­nate de calcium, également responsable de la dureté. C'est pourquoi, dans la nature, les eaux dures sont en général aussi alcalines.

Le pH se mesure au moyen d'«indicateurs» qui changent de couleur à des degrés divers. Les indicateurs se trouvent en solution (donnant des résultats assez précis) ou sous forme de papiers (ne fournissant que des approximations).

En aquarium, on peut acidifier l'eau en usant de tourbe. On a aussi recommandé les feuilles de chêne ou de hêtre tombées depuis longtemps. Les acides phosphorique et tannique sont des produits chimiques appropriés, mais leur utilisation deman­de beaucoup de doigté et de prudence. Il est rarement nécessaire de réduire le pH en-dessous de 6. D'ailleurs, un pH bas et un taux élevé d'acide carbonique provoquent une corrosion des métaux, il est donc nécessaire, dans ce cas, de n'employer que des bacs absolument neutres, du type verre collé par exemple.

L'influence de la composition de l'eau sur la reproduction, la croissance et de développement des poissons est connue depuis longtemps. Mais nos connaissances sont loin d'être complètes concernant les besoins en eau de certaines espèces de poissons et de plantes, ainsi que les effets sur l'eau de facteurs autres que la dureté ou le pH.

  
  Le 18:46 16-06-2008 | Lu 235 fois  
  
  
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