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L'entretien de poissons comme animaux familiers s'est développé, durant les cinquante dernières années, au point de devenir un passe-temps populaire et largement répandu, mais les débuts de l'aquariophilie remontent à l'antiquité. Des témoignages d'époque montrent que le poisson rouge était élevé par agrément en Chine sous la dynastie Sung, il y a un millénaire. En des temps moins reculés, Samuel Pepys parle dans son journal, en 1665, d'élevage de poissons à domicile.
Deux siècles plus tard, bon nombre d'aquariums publics furent construits en Europe, à Paris (1859), Hambourg (1864), Naples (1873). Le Crystal Palace Aquarium, à Sydenham, ouvrit ses portes en 1871, et il fut probablement le premier aquarium du monde à l'éclairage artificiel.
Le premier poisson tropical élevé en aquarium de salon fut apparemment le Poisson du paradis, Macropodus opercularis, introduit à Paris en 1868 par Carbonnier et répandu par la suite en Angleterre et en Amérique. Ce n'est guère surprenant, puisque la large tolérance de cette espèce aux variations de température lui permet de subsister à peu près dans les mêmes conditions qu'un poisson d'eau froide.
Ce ne fut toutefois pas avant l'entre-deux-guerres que les aquariums de poissons tropicaux devinrent vraiment populaires. Evidemment, on ne pouvait obtenir qu'un nombre limité d'espèces et les difficultés d'importation rendaient le plupart d'entre elles fort coûteuses. Le transport s'effectuait dans des bidons larges et plats, relégués dans les soutes de lents navires qui mettaient trois semaines pour relier les ports d'Extrême-Orient à ceux de l'Europe occidentale.
Après la guerre 39-45, ce hobby a connu un grand développement dû à une double révolution : dans le domaine du conditionnement, le' sac en plastique gonflé d'oxygène; dans la durée des voyages, la voie aérienne remplaçant la voie maritime. L'importation ainsi devenue plus facile, de plus en plus d'espèces devinrent disponibles à des prix raisonnables. Le nombre des pisciculteurs sérieux augmenta. Les sociétés locales d'aquario-philie accrurent rapidement le nombre de leurs membres. Les salons et les expositions, à l'échelon tant local que national et même international donnèrent une nouvelle impulsion à cette activité de loisir. Tant sur le continent européen qu'aux Etats-Unis, avec des périodes de relatives dépressions, et des moments d'enthousiasme conquérant, le hobby a continué de fleurir. Aujourd'hui, l'aquariophilie montre tous les signes d'une belle santé. Elle est épaulée par une industrie hautement organisée, fournissant un large éventail de produits et d'équipements destinés à faciliter la tâche de l'aspirant aquariophile. En outre, elle répond au besoin d'un retour aux sources. Face à"l'envahissement du bitume et du béton, elle offre à nos regards le charme de la vie silencieuse dans un cadre verdoyant.
Le premier pas consiste évidemment en l'acquisition d'un aquarium. Il y a beaucoup de modèles disponibles, mais le plus populaire est probablement le bac rectangulaire avec ou sans armature métallique, dont les parois sont fixées au moyen d'un mastic au silicone.
Depuis quelques années, on a utilisé une grande variété de matériaux pour la fabrication des armatures d'aquarium, mais le plus apprécié est l'aluminium anodisé dans sa nuance naturelle façon acier poli ou dans sa présentation or pâle.
Simultanément, l'industrie des colles a fait de tels progrès qu'il est devenu parfaitement possible d'assembler des glaces de grandes dimensions sans aucune armature et d'obtenir ainsi un aquarium tout verre. Parfaitement neutres, de tels bacs s'harmonisent avec n'importe quel style d'intérieur et sont, sans aucune doute, promis à un grand avenir.
Par contre la cuve en verre moulé est à proscrire. Le verre, irrégulier, produit un effet déformant. De plus, en cas de fêlure, la cuve ne peut plus se réparer et elle est complètement inutilisable.
On trouve également des cuves en plastique, de différentes tailles et formes. La plupart sont petites et présentent ce désavantage que le plastique tend normalement à se griffer et à s'obscurcir. Elles ne peuvent convenir que comme petit bac d'élevage pour alevins, ou comme cuve de soins pour sujet malade.
Subissant actuellement une certaine éclipse de mode, mais très agréable à l'œil, l'aquarium bombé n'est qu'une variante de l'aquarium rectangulaire à cornières, dans laquelle la vitre avant est courbe, un peu comme un écran de télévision. Il ne sera préféré que dans le cas où le bac est destiné à reposer sur un meuble lui-même galbé, comme bon nombre de commodes de styles.
Nul doute que, dans le domaine du dessin des aquariums, beaucoup reste à faire, aux points de vue fonctionnel et décoratif, et qu'il faut encourager les recherches sur la question. Mais tant qu'un aquarium parfait n'aura pas été dessiné, le débutant sérieux sera bien inspiré de s'en tenir soit à un bac en verre collé soit à un aquarium classique à cornières, de bonne fabrication et aussi grand que les possibilités d'installation le permettront. La longueur de façade ne devra jamais être inférieur à 60 cm. Il est évident qu'on ne peut admettre dans chaque aquarium qu'un nombre limité de poissons. Si vous en achetez un petit, vous voudrez tôt ou tard le remplacer par un plus grand. Il est d'ailleurs plus aisé de garder un grand aquarium en bon état.

Certains des plus grands aquariums ont une hauteur de 40 cm, ce qui donne un meilleur «tableau». Ils peuvent être très décoratifs mais ils ne contiendront pas plus de poissons que les types moins profonds. Le facteur déterminant étant l'absorption de l'oxygène de l'air par la surface de l'eau, la superficie compte plus que le cubage. Les cas où les cuves profondes se révéleront utiles, tant esthétiquement que fonctionnellement, seront ceux où l'on voudra héberger de grands poissons au corps en hauteur : un bon exemple en est fourni par le Scalaire.
Quand vous aurez acheté votre aquarium, placez-le sur une surface parfaitement plane. Tenez compte du fait que l'eau est très lourde : un bac de 60 X 30 X 30 cm rempli pèse plus de 54 kg. La capacité du parallélépipède se calcule en multipliant la hauteur par la longueur et par la largeur. Donc une cuve mesurant 60 X 30 X 30 cm contient, à ras bord, 54 litres, mais un peu moins en pratique. Comme un litre d'eau non distillée pèse un peu plus d'un kg, on arrive à un poids voisin de 54 kg sans compter le verre et l'armature. Il est donc essentiel de posséder un support solide. Ce pourra être une table ou un autre meuble, à moins que vous ne préfériez acheter un socle, en cornières, spécialement conçu. N'essayez jamais de soulever un aquarium rempli d'eau, même s'il s'agit d'un bac comportant des cornières métalliques, vous risquez de provoquer une fuite ou même une rupture totale.
Que ce soit sous forme de rampe ou de galerie, un couvercle est indispensable. Il sert de support d'éclairage, empêche la poussière d'entrer, et les poissons de sortir. Si l'aquarium est encastré, une vitre le couvrira; l'éclairage sera fixé au-dessus dans la niche d'encadrement.
Quoi qu'il en soit de la «toiture» adoptée, celle-ci n'offre pas de protection contre le risque d'intoxication et de mort des poissons par vaporisations de produits d'entretien, d'insecticides, et de désodorisants. C'est pourquoi il est toujours préférable de placer la pompe d'aération à l'extérieur, sur le rebord de la fenêtre, par exemple.
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